
Paul O'Connell montre la taille du verre de Guiness qu'il va s'enfiler dans le gosier
L'Irlande a donc enfin conjuré le sort en faisant le Grand Chelem pour cette levée 2009 du vieux mais toujours aussi authentique Tournoi des VI Nations. En remportant une victoire logique au Millenium Stadium de Cardiff, grâce à une énorme boulette de Stephen Jones, et un drop de Ronan O'Gara dans les dernières minutes; les pubs de Dublin, Cork, et Limerick ont servi de la Guiness à n'en plus pouvoir. Petit retour sur la performance de chacune des équipes :
Irlande : Après avoir fait de la province du Munster une des forces majeures de la Heineken Cup, Declan Kidney réussit une nouvelle fois un tour de force, en offrant à son peuple un Grand Chelem auquel plus personne ne croyait après la débacle de la dernière coupe du monde. La génération O'Connell - O'Driscoll a enfin répondu aux attentes, et le XV du Trèfle s'est enfin découvert un triangle Kirney - Fitzgerald - Bowe de haut niveau, et un huit plus que prometteur, en la personne de Shane Heaslip. Tant bien même je suis loin d'être un grand fan du jeu pratiqué par cette équipe, force est de reconnaître qu'il n'y a pas grand chose à redire sur leur triomphe.
Angleterre : La Rose avait beaucoup à se faire pardonner auprès de son public, après une tournée automnale à domicile catastrophique. Le fait est qu'il est bien difficile de cerner le potentiel de cette équipe. Plutôt decevante en générale, son seul réel coup d'éclat sera la magistrale victoire face à nos petits coqs complètement dépassés par tant d'opportunisme et de réussite. Il est encore difficile de ressortir une vraie ossature du XV de Martin Johnson, et je persiste à croire que se priver de Cipriani à l'ouverture est une erreur considérable. L'arrière Armitage a montré que les cannes etaient là mais doit encore faire preuve de constance, Tom Croft a certainement assurer ses arrières à l'aile de la troisième ligne, et Danny Care, le jour où il aura calmer son impulsivité, montra à tout le monde qu'il est largement au dessus d'Harry Ellis. Pour le reste, on a droit à du vieux, vu et revu sous le maillot anglais. Rien de bien neuf pour éclairer notre lanterne sur la version 2009 de cette équipe anglaise.
France : De cette édition 2009 du Tournoi restera graver dans le marbre, la première grosse branlée du coach Marc Lièvremont, et ce face à l'ennemi juré qu'est l'Angleterre. 40 minutes d'absence qui coûtent cher au final dans l'analyse de la prestation globale de l'equipe. Comment et pourquoi cette équipe est-elle passée à côté dans les si grandes largeurs ? Avant tout par des choix difficilement compréhensible comme se priver d'un buteur comme Beauxis, ou encore laisser Chabal s'epoumoner à l'aile de la troisième ligne. Pourtant, les phases offensives à Croke Park face aux futurs vainqueurs étaient de bonne facture, la défense et l'envie étaient là face aux gallois, ainsi que les libérations rapides au Flaminio de Rome. A présent, la France doit réussir à réunir tous ces facteurs (attaque, défense, aggressivité, déblayage) en un seul et même match.
Galles : le vainqueur des deux derniers Tournoi a failli conserver sa couronne à quelques minutes près et une pénalité de Stephen Jones. Malheureusement, l'ancien ouvreur clermontois n'a pu passer cette pénalité qui aurait brisé les rêves irlandais. Les gallois ont dans l'ensemble fait un bon Tournoi, même s'ils ont peut être parfois fait preuve d'une certaine suffisance contre la France et l'Italie. Quelques légères deceptions comme Michael Philips à la mélée et Ryan Jones en troisième ligne, pour une decouverte en huit Andy Powell, et une énorme confirmation, le deuxième ligne Alun-Wyn Jones.
Ecosse : Se privant des frères Evans qui avaient fait tourner la tête aux toulousains quelques semaines plus tôt, lors de la première rencontre face aux gallois, Frank Hadden est sur un siège ejectable. Le Chardon se bat, est vaillant, etc... mais ne progresse plus. Constat amère mais réaliste, l'Ecosse n'est plus capable que d'exploit ponctuel, seul son hymne faisant encore vibré les foules.
Italie : Nick Mallet, malgré toute son expérience et ses réussites avec l'Afrique du Sud ou le Stade Français, et comme ses prédecesseurs à ce poste, se prend les pieds dans le tapis, et n'arrive pas à rendre cette formation plus consistante, et surtout plus homogène en terme de niveau. Avec une charnière indigne du niveau international, difficile d'obtenir de probants résultats. Porté par un Sergio Parisse qui s'impose comme l'un des tous meilleurs troisième ligne centre au monde, les italiens doivent encore progresser, et l'eventuel passage des clubs locaux dans la ligue celtique pourrait accélerer ce processus.